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 Le village de Bouxwiller

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MessageSujet: Le village de Bouxwiller   Ven 10 Sep - 21:01

Le village de Bouxwiller

Ce joli village du nord de l’Alsace, qui a été la capitale du Hanau-Lichtenberg, possède de ce fait plusieurs beaux bâtiments datant de cette glorieuse époque. Bouxwiller mérite un arrêt lors de la visite de la région.




Histoire de Bouxwiller

Déjà occupé à l’époque romaine, le site est donné en fief aux sires de Lichtenberg dès le début du Moyen Age. De cette époque date l’expansion territoriale de leurs possessions et que Bouxwiller obtient le rang de ville. En 1480 le comté passe dans la famille des Hanau-Lichtenberg qui en fait un véritable état, dont Bouxwiller est la capitale. Débute alors la période la plus prospère de la ville : un hôpital est construit en 1528, la réforme s’y établit dès 1545 et l’école latine est transformée en collège en 1612. Après la guerre de Trente Ans, le comté reste indépendant malgré son rattachement à la France. Mais les comtes abandonnent progressivement ce domaine pour se consacrer à leurs terres germaniques.
A la révolution, de nombreux bâtiments, dont le château sont détruits. Au XIXème siècle la ville redevient prospère avec l’exploitation des mines, activité qui s’achèvera en 1957.

Le lycée : construit vers 1885, grâce au don du riche propriétaire des mines de lignite, Charles-Henri Schattenmann, ce grand édifice en grès domine la place.



La halle aux blés : situé à la droite du lycée, ce long bâtiment du XVème siècle était le grenier de la ville. A son extrémité se situe la chapelle de l’ancien château, dédiée à Saint Georges.



La perception : ce bâtiment à droite de la halle aux blés, abritait l’administration financière du comté.



L’ancienne Chancellerie : daté de 1659, elle abritait les administrations du comté. L’entrée dans la chancellerie, qui abrite le musée du Pays de Hanau et la mairie, se fait par un très beau portail renaissance aux armes de la ville. Un second portail quasiment identique se situe à l’arrière du bâtiment.





La Poste : daté de 1668, ce bâtiment abritait à l’origine les écuries seigneuriales avant d’être profondément modifié pour être transformé en Poste. Très bel oriel et tourelle d’angle.











Dernière édition par monia le Ven 10 Sep - 21:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le village de Bouxwiller   Ven 10 Sep - 21:06

La rue du Canal : remontez cette rue dans laquelle se trouve plusieurs belles maisons à colombages. La pharmacie est une belle demeure du XVIème siècle qui de halle devint auberge puis mairie.




Après la pharmacie prenez à gauche la rue de la Poste jusqu’au remparts.

> Les remparts : de la rue de la Poste passez sous les remparts de la ville pour remonter par la droite jusqu’à une ouverture qui donne sur la Place de la Grange aux Dîmes. De là vous pouvez accéder à une partie du chemin de ronde et profiterez ainsi d’une belle vue sur la ville.




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MessageSujet: Re: Le village de Bouxwiller   Ven 10 Sep - 21:10

L'église Catholique : La nef est du XIXème siècle mais la belle tour fortifiée en grès rose est du XIIème siècle, romane.






Sortez par le cimetière et retournez vers la ville pour prendre la rue du 22 Novembre puis la rue des Juifs.

> Rue du 22 Novembre et rue des Juifs : quelques maisons anciennes sur le parcours.





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MessageSujet: Re: Le village de Bouxwiller   Ven 10 Sep - 21:13

Rue de l’Eglise : en venant de la rue des Juifs vous arrivez à l’église Protestante de la ville. Construite en 1614, à l’emplacement d’une précédente église, son style est un mélange de gothique et de renaissance. A l’intérieur vous pourrez admirer l’ancienne loge seigneuriale. (L’église est malheureusement souvent close…)
La rue de l’Eglise possède plusieurs belles maisons dont une particulièrement originale, renaissance, avec des sculptures représentant des visages d’indigènes avec leurs plumes et un conquistador en armure.
Au coin, une autre très belle maison renaissance à colombages et oriel d’angle de 1598.








.Au bout de la rue (à la pharmacie) prendre à gauche pour remonter la Grand Rue.

> Grand Rue : de belles maisons à colombages jalonnent la rue, dont la plus remarquable, au n° 29, avec un bel oriel sculpté de visages et d’une sirène. Cette maison était l’ancien poêle (association) des Cordiers. Poursuivez jusqu’à la Synagogue qui abrite le musée du Judéo-Alsacien.






Rue des Seigneurs Herregass : cette rue abrite les anciennes maisons nobles de la ville des XV et XVIème siècles.







Place du Marché aux Grains : de jolies maisons XVIIème encadrent la place. La plus belle est celle du receveur des finances, construite en partie sur pilotis.








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MessageSujet: Re: Le village de Bouxwiller   Ven 10 Sep - 21:32

Le bâtiment de la synagogue
L'édifice date de 1842. Il est venu en remplacement d'une synagogue du 18ème siècle (avec bain rituel en sous-sol), située rue des Juifs, rasée par les nazis. La synagogue de 1842, transformée en cartonnerie pendant la guerre, n'est pas restaurée en 1945. Les survivants aménagent un oratoire dans un angle du bâtiment intérieurement ruiné. Le culte y est célébré jusqu'en 1956, mais la communauté vieillit et s'éteint... Il ne reste que trois familles lorsque l'autorisation de démolir est accordée, en 1984.

C'est alors qu'est fondée l'Association des Amis du Musée Judéo-Alsacien de Bouxwiller A.M.J.A.B.. Elle inscrit dans ses statuts "le sauvetage de la synagogue et sa transformation en Musée Judéo-Alsacien."





La rue des Juifs à Bouxwiller sur une carte postale ancienne



L'intérieur de la synagogue

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MessageSujet: Re: Le village de Bouxwiller   Ven 10 Sep - 21:34

Les Israélites de Bouxwiller

Par Max GUGENHEIM, rabbin de Bouxwiller
(ce texte a été rédigé vers la fin des années 1950 - les sous-titres sont de la Rédaction du site)

Comme pour la plupart des communes d’Alsace il est aussi difficile de déterminer pour Bouxwiller le moment de l’arrivée ou de l’établissement d’Israélites dans cet endroit. Néanmoins nous possédons un certain indice chez Scheid, Histoire des Juifs en Alsace, p.12.

Installation des Juifs à Bouxwiller

Il dit que Louis De Bavière donna en gage, en 1322, au chevalier Fritschmann de Westhausen les Juifs de Pouschwiller et de Neuwiller pour cent livres Heller.

L’établissement du cimetière d’Ettendorf a eu lieu, autorisé par l’empereur Maximilien II vers la fin du 16ème siècle disons à peu près vers 1575. La plus ancienne pierre tombale, encore existante porte la date de 1608.
Cette nécropole était devenue au courant de presque quatre siècles le cimetière central de nombreuses communautés, surtout du comte de Hanau-Lichtenberg , et couvre actuellement un terrain de 3,4 ha.

On a l’impression que les comtes de Hanau-Lichtenberg montraient pour leur temps une remarquable tolérance envers les Juifs de leur territoire. C’était le comte Frédéric Casimir qui avait autorisé en 1665 la continuation du cimetière de Neuwiller, fondé pendant la guerre de Trente ans. L’original sur beau parchemin a disparu pendant la dernière guerre, une copie se trouve au Musée de Bouxwiller.

Un recensement des Juifs, habitant dans le comte de Hanau-Lichtenberg en 1725, donne pour Bouxwiller 31 familles et 5 veuves, et pour tous les baillages 157 familles et 9 veuves.

Les différents dénombrements, déjà souvent publiés, nous renseignent au sujet du mouvement de la population juive, en augmentation ou en diminution, selon les conditions politiques ou économiques. Ainsi nous lisons comme recensement en 1784 : 297 âmes ; en1807 : 275 ; en 1851 : 353 ; en 1866 : 296 et en 1956 : 109.
A la suite des déportations et des décès pendant l’exil on ne compte au retour que 51 âmes.

La Yeshiva

L’événement le plus important dans l’histoire de la communauté de Bouxwiller, un témoignage de sa profonde piété, était la fondation d’une yeshiva, haute école talmudique, en 1767 par un riche et pieux mécène Seligmann Puttlingen.
L’acte de fondation a été traduit en français par le vénérable Raphaël Blum, instituteur à Balbronn, qui avait reçu une copie de l’acte de son grand-père Schmuel Ettendorf, éleva de l’école et plus tard rabbin de Bischheim.

"Ayant depuis plusieurs années conçu la pensée de fonder une œuvre pie, d’en assurer l’existence, d’en garantir la durée pour que la Tora soit répandue et glorifiée, il se décida de créer une haute école de Talmud pour y former des rabbins de mérite et d’un vaste savoir".

Il s’oblige donc, selon les lois judaïques et l’inspiration de son cœur, de doter de suite cette école de 6000 florins, augmentés ensuite à 10,000 florins plus les intérêts.

Il choisit comme administrateurs de l’établissement à côté de lui les personnes suivantes : Son fils Nethanel, son gendre Abraham Hirsch de Saverne, Jacob Reichshoffen de Neuwiller, Hirtz Netter d’Ingwiller, Abraham et Lema de Pfaffenhoffen, Mayer Mannheim de Bouxwiller, Samel (Samuel) de Balbronn, Mosche Bergeim de Westhoffen. Pour donner plus de stabilité a son projet, il a prié son ami Hirtz Bische (Cerfberr) de faire partie du comité.

Le directeur et rabbin principal était le Grand Rabbin Wolf bar Jacob, qui était aussi le chef du tribunal rabbinique. Wolf forma nombre de rabbins et et talmudistes. Cette académie ainsi que le tribunal rabbinique ont cessé d’exister pendant ou peu après la Révolution.

Le tribunal rabbinique

Plus rien ne rappelle l’importance sociale et religieuse de cette communauté, surtout pendant la dernière période avant la Révolution. C’est un souvenir qui mérite d’être sauve de l’oubli. Bouxwiller était le siège d’un tribunal rabbinique, Beth Dîn qui avait la fonction de juger les litiges entre juif et juif, affaires familiales et commerciales dans le territoire de Hanau-Lichtenberg.

Sa compétence s’étendait jusqu'à Westhoffen, Balbronn, Wolfisheim, Hatten,et même jusqu'à Bermesenz (Pirmasens) et Bische au delà du Rhin (Rheinbischofsheim). Composé de savants, pieux, érudits et consciencieux, sachant concilier les coutumes du temps avec le droit talmudique, il jouissait du respect et de la confiance générale. Ses décisions étaient reconnues, et si nécessaire exécutées par les organes du territoire.

Ce tribunal considérait comme une des tâches les plus importantes et les plus sacrées d’assurer l’héritage de la succession d’orphelins mineurs, et nombreux essaient les documents et les décisions qui témoignaient de cette sollicitude. Ces documents, usés par l’âge et l’humidité, et de ce fait difficiles à déchiffrer, ont aussi disparu pendant la guerre.

Voici la traduction d’un texte bien instructif :

"Vente aux enchères de la succession de Judel fils de David, décédé le 11 Yjar 1766 à Bermesenz (Pirmasens). La vente eut lieu à Bischheim dans la maison du préposé Cerf Berr et en présence du curateur de l’orpheline Yehudis. Selon la liste de la vente écrite et signée par le secrétaire Simon Hall, la vente a rapporté 9406 livres, 6 sols, 3 deniers, et après déduction des frais 9116 livres 17 sols, 3 deniers. Personne n’ayant voulu assumer la mission de tuteur pour la vente de la marchandise du défunt, on a décidé avec le consentement de Hirtz Netter de Bouxwiller, de charger de la vente… Les objets furent évalués par le bijoutier Chaim Obernai de Pirmasenz et par le bijoutier Poubisch de Strasbourg, et on décida de vendre les bijoux a Bischeim , lieu de réunion régulier de beaucoup de commerçants
Fait à Bouxwiller. Signe : Arich Loeb, fils de Alexandre."
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MessageSujet: Re: Le village de Bouxwiller   Ven 10 Sep - 21:41

Au pied du Bastberg, la colline aux Sorcières, s'élève la cité de Bouxwiller, ancienne capitale du comté de Hanau Lichtenberg.

Occupée dès l'époque romaine, Bouxwiller connaît son heure de gloire au Moyen Age. D'abord terre des Evêques de Metz, elle passe aux seigneurs de Lichtenberg qui la fortifient et y érigent un château. Cette puissante seigneurie s'éteint en 1480 et Bouxwiller passe à Philippe de Hanau, époux d'Anne de Lichtenberg. Cette succession marque une étape supplémentaire du développement de la ville qui abrite une forte communauté juive.

Le château est pillé par les Rustauds en 1525. La cité passe à la Réforme en 1545, devient la véritable capitale locale du "pays de Hanau" et se dote d'une Haute Ecole Latine en 1611 où viendront enseigner de célèbres professeurs de la vallée du Rhin. La guerre de Trente ans ruine la cité, mais au XVIIIè elle retrouve sa prospérité grâce à Frédéric Casimir de Hanau (construction d'une chancellerie, siège du consistoire, lancement d'une monnaie...) et la Landgräfin Caroline (Jardins du château...). 1789 met fin à cette magnificence. Le château est rasé et la ville sombre dans la léthargie.

Elle renaît grâce à la révolution industrielle et se dote d'une usine chimique et d'une industrie minière qui exploite un gisement de lignite de 1816 à 1887, employant 600 ouvriers; la société des Mines se lance dans la chimie et fabrique de l'alun, du vitriol, du perchlorure pour gravures sur métaux, des cyanures... elle ferme ses portes en 1958, faute de n'avoir su s'adapter.

Aujourd'hui la ville vit de commerces et de petits artisanats et développe quelques industries de pointe comme Gizeh (matières plastiques), Alpaci (papier à cigarettes), EPB (mécanique de précision), AERA (emballages)... de plus, la ville regroupe les principaux services administratifs du pays de Hanau (Ecoles, Lycées, collèges...)
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MessageSujet: Re: Le village de Bouxwiller   Ven 10 Sep - 21:49

Bleu du Pays de Hanau, bleu d’Alsace ou bleu de Prusse ?
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Aujourd’hui, les façades des maisons alsaciennes sont de plus en plus colorées, tant en ville que dans les villages ; autrefois, elles étaient surtout blanches ou délavées. Parmi les teintes rencontrées, le bleu tient une place particulière car on le dit associé à un comportement socioculturel. Le bleu serait coutumier des villages catholiques, le rouge par contre serait la couleur traditionnelle des villages protestants.
En fait, le bleu de Hanau domine dans la région de Bouxwiller, essentiellement protestante, ce qui dément la coutume du bleu catholique. On rencontre d’ailleurs des maisons bleues dans toute l’Alsace, du Sundgau jusqu’à Wissembourg et de la plaine aux collines sous-vosgiennes.

Les premières traces du bleu sur des maisons alsaciennes semblent remonter au XVIIe siècle. Le bleu n’a pas d’existence avérée en tant que symbole. L’expression Bleu de Hanau ou de Bouxwiller ne se justifie donc pas. Bleu d’Alsace convient plus justement, et par sa tonalité, c’est du bleu de Prusse [1] .

La tradition

D’une façon générale, la couleur, notamment le bleu, se prête aux interprétations les plus diverses et au mythe à cause de son caractère éphémère. Les Celtes, avant d’attaquer les légions romaines, se barbouillaient de bleu afin d’effrayer leurs adversaires. C’est pourquoi les Romains détestaient le bleu, mais la primauté du rouge semble remonter bien plus haut.
Au XVIe siècle, le curé de Seebach aurait procuré des terrains gratuits à condition que les futurs propriétaires peignent leur maison en bleu pour manifester leur religion catholique.
Les ingénieurs de Vauban opposaient le rouge au blanc et évitaient le bleu.
Les Allemands n’aimaient pas le bleu ; de ce fait, des Alsaciens ont fait repeindre leur maison à certaines époques.

Le bleu, associé au culte de la Vierge, a pu inonder les façades à partir des statues dans les niches à fond bleue qui se trouvaient souvent sur les maisons. Le rouge protestant est né par opposition à cette coutume.

Les pigments

On n’a jamais constaté de céruléum ni de cyan sur les vieilles façades. Pour les colorer, on prenait tout ce qui était possible de mélanger à la chaux : des Bleuikeielle [2], du sulfate de cuivre (bleu) ou du sulfate ferreux (vert). Le bleu d’origine minérale est fabriqué à partir de 1836 à base de cobalt ou de cuivre.

Pour les façades, les pigments organiques ne conviennent pas. Le bleu fabriqué avec de tels pigments vire au brun lorsqu’il est mélangé à la chaux. Pour le rouge, le sang de bœuf dilué au vinaigre et à du brou de noix n’est pas stable ; la garance n’est jamais mentionnée : on prenait de l’ocre avec de l’oxyde de fer.

L’usine de Bouxwiller

Le bleu des façades des maisons du pays de Hanau provenait de Bouxwiller. Pendant les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, les fabriques de cobalt contribuèrent à l’essor économique de l’Alsace, notamment à Sainte-Marie et à Bouxwiller. L’usine de Bouxwiller fabriquait de l’alun, du vitriol, de l’ammoniaque et marginalement du bleu de Prusse à partir des minéraux extraits du Bastberg. Le bleu de Prusse était vendu aux usines textiles de Mulhouse.



L’action N° 8 qui a fait partie des premières quatre-vingt dix établies en 1820, signées par les propriétaires actionnaires
BOUXWILLER (2 vol.), édité par la Société d’Histoire et d’Archéologie de Saverne et environs , 1989.

Avec l’aimable autorisation de la SHASE.

Créée le 1e août 1818, l’administration des mines de Bouxwiller devint dans la seconde moitié du XIXe siècle une des principales entreprises françaises de produits chimiques. En 1850, avec 370 salariés, elle double ses effectifs par rapport à 1825 et se place au septième rang des établissements manufacturiers du Bas-Rhin. Le rapport général sur la situation du canton de Bouxwiller pendant l’année 1854 dit : A part l’établissement des mines et de sa dépendance la Raïd, la ville n’offre de remarquable que la place publique dite Schlosshof [3].



La Rheidt.
Tableau de Ch. Hancké, 1860.

BOUXWILLER (2 vol.), édité par la Société d’Histoire et d’Archéologie de Saverne et environs , 1989.

Avec l’aimable autorisation de la SHASE.

En 1821, la fabrique de produits chimiques de la Reidt installe un atelier de fabrication de bleu de Prusse au Holzhof, la maison des administrateurs des mines. Le comble de l’abomination avait été l’installation d’un important atelier de fabrication de bleu de Prusse dans la cave [4] et dont une série de bâtiments du type industriel était dominée par un imposante cheminée. On avait voulu placer sous surveillance immédiate d’un directeur une production originale dont le secret devait être gardé. Mais la couleur envahissait tout, les murs étaient bleus, la peau des ouvriers était teintée, sans parler de leurs vêtements. C’étaient « les Bloï manner » [5] connus dans toute le ville [6].

L’intérêt porté à la condition ouvrière par Ch. H. Schattenmann, directeur de 1823 à 1869, a profité aux conditions de vie des familles et au développement de l’entreprise. Animé par sa foi protestante, qui le fait penser que les inégalités sociales sont le fruit de la volonté divine et qu’il est présomptueux de désirer renverser l’ordre établi [7], il met en place une organisation de protection sociale d’avant-garde pour remédier quelque peu aux conditions de travail dont le caractère éprouvant, dans les mines et les usines, est reconnue dès 1828. L’activité des mines occasionne des dommages aux constructions et aux cultures et, plus encore, présente des effets néfastes pour la santé des ouvriers. D. Deiss, le premier, dans sa thèse de médecine présentée en 1828, reconnaît que l’effleurement du minerai exalte une odeur et une fumée désagréables. Environ cent tonnes de lignite sont exposées à l’efflorescence. Chacun de ces tas est de 30 mètres de long, de 10 mètres de large et de 3 mètres de hauteur. Par action de l’oxygène sur le souffre, le fer et l’alumine du charbon, l’efflorescence forme des cristaux de vitriol – aujourd’hui appelé sulfate de fer – et de l’alumine. Pour Deiss, la grande quantité d’acide sulfurique qui se dégage dans cette opération n’altère pas l’atmosphère au point de la rendre nuisible à la santé [8]. Dès 1908 les mines ont connu quelques difficultés qui ont entraîné l’intervention des banques, et notamment de la banque d’Alsace et de Lorraine [9].


Intérieur présumé de la Reidt.
BOUXWILLER (2 vol.), édité par la Société d’Histoire et d’Archéologie de Saverne et environs , 1989.

Avec l’aimable autorisation de la SHASE.

Bibliographie

Coll., Bouxwiller (deux volumes), 1989, Société d’Histoire et d’Archéologie de Saverne et environs.
PASTOUREAU (Michel), Bleu. Histoire d’une couleur. Collection Points.
STEINMETZ (Denis), La coloration des façades en Alsace, Presses Universitaires de Strasbourg.

[1] Nous remercions vivement la Société d’Histoire et d’Archéologie de Saverne et environs pour nous avoir aimablement autorisés à illustrer cet article de documents publiés dans son ouvrage sur Bouxwiller.

[2] Il s’agit de billes bleues de deux centimètres de diamètre, qui servaient autrefois à blanchir les draps lors de la lessive.

[3] Extrait du livre BOUXWILLER en deux volumes édité par la Société d’Histoire et d’Archéologie de Saverne et environs , 1989, Tome 1 page 90.
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MessageSujet: Re: Le village de Bouxwiller   Ven 10 Sep - 21:54

Bastberg





La colline du Bastberg culmine à une altitude de 326 m. Non loin, entre le Bastberg et Bouxwiller, est situé la colline du Galgenberg (en français mont de la Potence). Bien que ce sommet ne culmine qu'à 321 m d'altitude, son autre nom est Grand-Bastberg.
Le sol du Bastberg est constitué des roches calcaires. Sa structure est un synclinal en synforme. Les couches les plus récentes se superposent sur les plus anciennes. Mais par le plissement de la structure et par l'érosion, les plus anciennes couches géologiques affleurent à son sommet.
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MessageSujet: Re: Le village de Bouxwiller   Ven 10 Sep - 22:23

Entre France et Allemagne 1870-1945

Entre France et Allemagne 1870-1945

Bouxwiller comme le reste de l'Alsace doit subir plusieurs fois des changements de nationalités. En 1871, en 1918, en 1940 et en 1945.

La Guerre de 1870

Lors de la Guerre de 1870, les armées françaises commandées par le maréchal Patrice de Mac-Mahon furent défaites par les alliés allemands lors de la Bataille de Frœschwiller-Wœrth du 6 août 1870. Ces deux localités alsaciennes sont situées à 23 kilomètres au nord de Bouxwiller. Aussi lorsque les armées françaises reçoivent des ordres pour se replier vers Saverne dans le but de traverser les Vosges, certaines unités en déroute traversent Bouxwiller et ses villages environnants. La nuit arrive... Les troupes traversent plusieurs villages abandonnés, Oberbronn, Zinswiller, Rothbach, Ingwiller... Déjà sur la route, des soldats isolés, à bout de forces, se laissent tomber dans les fossés et s'endorment... demain ils essayeront de gagner Saverne. Beaucoup seront impitoyablement massacrés par les uhlans... C'est Bouxwiller, un grand village. Il est rempli de troupes. Les habitants sont admirables, ils viennent au devant des soldats et charitablement leur offrent du vin, de la bière, des vivres. Que de braves gens dans cette Alsace![54

La Première Guerre mondiale

N'étant pas sur la ligne de front, Bouxwiller ne fut pas directement touchée par les combats. Lorsque la Première Guerre Mondiale débute en août 1914, l'Alsace-Lorraine est depuis 1871 un Reichsland sous domination allemande. À Bouxwiller, les hommes en âge de partir à la guerre furent donc tout le long du conflit légalement enrôlés dans l'armée impériale allemande. Les combats s'éternisant, une crise monétaire se fait durement sentir en Alsace à partir de 1916 et ce, jusqu'à l'armistice de novembre 1918. N'ayant plus confiance dans le papier-monnaie allemand, les alsaciens amassent, malgré les interdictions officielles, les pièces en nickel de 5, 10 et 50 pfennigs. Face à la pénurie de monnaie, les petits commerçants de Bouxwiller se plaignent en 1917 au conseil municipal. Ce dernier demande alors aux autorités allemandes, contre un dépôt de garantie à la Reichbank, le droit de mettre en circulation de la monnaie de substitution comme celà était permis à d'autres villes ou grandes entreprises. En juillet 1917, la ville met ainsi en circulation des jetons de 20 Pfennigs en zinc pour un montant total de 2 074 marks. Ces pièces octogonales portent sur le côté pile la dénomination de Kleingeldersatzmarke (ersatz de monnaie en mark) et sur le coté face les armoiries de la ville avec la mention Stadt Buchsweiler 1917. La même opération est entreprise en août 1918 pour un montant de 2 140 marks. Cette monnaie sera retirée de la circulation le 1er août 1919 par les autoriés françaises. Toute les piècettes n'étant pas rendue à la ville de Bouxwiller, cette dernière réalise un bénéfice de 50% sur la valeur émise[55].

La Seconde Guerre mondiale

e 1er septembre 1939, jour de la déclaration de guerre de la France à l'Allemagne, près de 300.000 Alsaciens habitants près de la ligne Maginot furent évacués en moins de 24 heures vers le sud-ouest de la France. Les Bouxwillerois échapèrent à ce triste sort, la bourgade étant située plus en retrait de la frontière. En juin 1940, après la débacle de l'armée française, l'Alsace se trouve annexée de fait au Troisième Reich allemand. Les autorités Nazi souhaitent une Alsace sans Juifs. Aussi dès le 15 juillet 1940, la population israélite de Bouxwiller est raflée. Leurs biens immobiliers et mobiliers sont confisqués. Hommes, femmmes, enfants et vieillards sont entassés dans des camions et déportés vers la Zone Libre controlée par le Gouvernement de Vichy. La synagogue locale est profanée puis transformée en 1942 en usine de cartonnage. Bouxwiller sera finalement libérée en novembre 1944. La synagogue ne sera pas restaurée après la guerre. Seul un oratoire est aménagé dans les locaux.[56].

Après la Seconde Guerre Mondiale, la population doit faire face à de profonds changements. Le point le plus marquant est la modernisation de l'agriculture. La population se détachant peu à peu de son mode de vie rural. En 1907, on a dénombré 165 exploitations agricoles à Imbsheim[a 1]. Cent ans plus tard en 2007, il n'en reste plus que trois, tournées vers des cultures industrielles (maïs, colza, blé) et vers l'élevage de jeunes bovins et de vaches allaitantes[a 2] Pour cette même année 2007, les quatre localités de la commune de Bouxwiller ne comptent plus qu'un total de seize exploitations. La population active se tournant surtout vers des emplois dans l'industrie et les services (702 ouvriers, 542 employés, 379 professions intermédiaires, 130 cadres, 65 artisans-commerçants)[57].
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Le village de Bouxwiller
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